En
faisait-il partie ou non ?
Toujours
est-il que de nombreux maçons ont laissé
des traces dans les champs de l'histoire.
L'annuaire des célébrités
maçonniques est souvent résumé
sous forme d'abécédaire :
Aldrin (qui posa
le pied sur la lune le 21 juillet 1969), Bartholdi
(dont La Liberté éclairant le monde
qui domine l'entrée du port de New York
se trouve sur un socle dont la pose de la première
pierre fut une cérémonie maçonnique...),
Couthon (dont la tête tomba le 10 Thermidor)
et d'autres, heureux ou malheureux et parfois
réprouvés, mais le plus généralement,
sinon pour citer Jean Zay, l'énumération
omet la lettre Z. |
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Il nous plaît d'évoquer
ici le frère Alexandre de Zède, auteur
d'opéras et de pastorales, qui figure au tableau
de 1783 de la loge Les Neuf Surs (cf . l'ouvrage d'Amiable,
La Loge des Neuf Surs, commentaire et notes de Charles
Porset, Edimaf).
Alors, où commence la célébrité
?
Exige-t-elle une mort glorieuse, comme celle de Jean-Baptiste
Baudin, essayant de soulever le peuple, le 2 décembre
1851, et à l'interpellation "Nous n'allons
pas nous faire tuer pour vous conserver vos vingt-cinq
francs !" répondant, "Vous allez voir
comment on meurt pour vingt-cinq francs. " On ne
sait plus qu'il s'agissait de l'indemnité parlementaire...
En 1842, Baudin fut reçu à la loge Le
Temple des Amis de l'Honneur français, loge suspendue
par le pouvoir en 1846.
Mort glorieuse également,
celle de Pierre Brossolette. Reçu à la
loge Émile Zola (N.B. : Émile Zola ne
fut pas maçon) de la GLDF en 1927, dix ans plus
tard, il s'affilie à L'Aurore sociale (GODF,
Troyes), ou encore celle de Martial Brigouleix (L'Intime
Fraternité, Tulle) : pour eux, la Résistance
fut dans la logique de leur engagement maçonnique.
Beaucoup d'ombres
L'histoire a des rictus dus
à ses bafouillements :
Charles Dupaty (1744-1788), avocat général
au Parlement de Bordeaux, réussit à sauver
de la roue trois innocents. Un siècle plus tard,
un représentant de la famille Dupaty (qui entre-temps
avait acquis la particule), le commandant Armand du
Paty du clam, devait instruire contre Dreyfus...
Si un jour les archives de la
maçonnerie française peuvent être
récupérées1 on dissipera sans doute
beaucoup d'ombres.
Ainsi, l'appartenance de Mirabeau
a-t-elle été longtemps controversée.
Il est sans doute bon de rappeler que le nom a été
porté par Victor Riqueti, marquis de Mirabeau,
auteur de L'Ami des hommes ou Traité sur la population
qui devait conserver le surnom de "l'ami des hommes".
Son fils, Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau
(1749-1791), fit les quatre cents coups et acquit la
célébrité par sa réponse
au marquis de Dreux-Brézé, le 23 juin
1789. Son frère cadet, André Boniface,
vicomte de Mirabeau, était surnommé "Mirabeau
tonneau" : un jour où son aîné
lui reprochait son intempérance, le vicomte lui
répondit : "Mon frère, c'est le seul
vice que vous m'ayez laissé !" Le comte
Honoré Riqueti appartenait aux Neuf Surs.
Quant au marquis Henri de Dreux-Brézé,
(1762-1829), il appartenait à la loge militaire
Les Frères d'armes, à l'orient du régiment
de cavalerie du Berry. Ayant rendu compte au roi de
la réponse de Mirabeau, Dreux-Brézé
aurait entendu son "maître" lui dire
: "Ils ne veulent pas s'en aller ? eh bien, foutre,
qu'ils restent !"
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1 L'officine vichyssoise
dite Service des sociétés secrètes
avait mis la main sur les archives maçonniques.
Pendant l'été 1944, les Allemands se replient
et emportent ces archives à Berlin. Au printemps
1945, les Russes s'en emparent : aujourd'hui, les archives
sont à Moscou.
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