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Jeunesse Fraternelle : « Bâtir ensemble, agir en commun plutôt que de se déchirer, pour qu’il y ait toujours d’autres matins au monde »

Date parution : 24/07/2005

Permettez moi tout d’abord de vous remercier, Monsieur le Maire, pour vos paroles de bienvenue et d’encouragement à la poursuite de l’action qui est la nôtre, de l’action surtout de ceux qui, sur le terrain, au quotidien, ici à Vichy, animent, font vivre, « Jeunesse Fraternelles », et ceci depuis bientôt 40 ans.

Cette réalisation, exemplaire à bien des aspects, a eu votre ville de Vichy pour cadre initial, grâce à la volonté, la ténacité, la clairvoyance, l’engagement de Jean SOULACROIX, alors directeur et créateur du Centre International Omnisport de Vichy.

Exerçant par ailleurs des responsabilités nationales au sein du Grand Orient de France, en charge notamment de la politique extérieure de notre association, il voulut conjuguer sa vie profane et son engagement associatif, en lançant et développant une initiative qui permettait à la fois de contribuer à la rencontre entre les individus, au développement de l’amitié entre les peuples, à l’affermissement de l’esprit de citoyenneté, bref au renforcement des idées de fraternité, de concorde et de paix.

Ces valeurs essentielles de la vie en société, ces valeurs fondatrices de notre communauté humaine, il pensa qu’elles seraient plus fortes, plus vivantes, plus durables encore, si elles étaient portées par la jeunesse, si des jeunes de pays et de culture différents pouvaient les faire leurs, et leur donner finalement force et vigueur, pouvaient les porter, les faire croître, les renforcer, s’il pouvait aussi y avoir, de générations en générations, transmission d’un témoin, transmission d’un flambeau, d’une manière telle qu’on en développe aussi le symbole dans l’olympisme.

C’est pourquoi il voulut ces rencontres internationales de jeunes, autour d’activités multiples, le sport et les loisirs certes, la culture également, mais aussi la découverte de soi, la rencontre des autres, l’effort qui unit, la mise en commun de nos différences, qui au bout du compte nous enrichissent mutuellement, nous font quitter nos horizons quotidiens, nous tracent des perspectives, et par là même ouvrent à la vie aussi bien qu’à l’amour.

« Jeunesse Fraternelle » pont de l’amitié, pont entre les hommes, entre les peuples, qui fait aller de l’inconnu, de l’indifférence, de l’étranger, vers l’ami, vers le semblable, vers le frère en humanité, pont s’il en est de la concorde, depuis 50 ans, est fidèle aux volontés, aux objectifs, aux buts de son créateur et de son initiateur.

Dans les nouveaux statuts de l’association, déposés le 18 avril 1974 à la Sous-Préfecture de Vichy, Jean SOULACROIX était tout entier dans cet article1, que je cite : « créer des liens de solidarité, de fraternité, d’amitié entre des jeunes, qui sans elle (sans l’association jeunesse fraternelle) auraient continué de s’ignorer, quels que soient leur pays, leur race, leur religion ».

Jean SOULACROIX ne fut pas seul dans cette tâche, mais il en fut l’initiateur, le ferment, la cheville ouvrière. Il fut en effet soutenu et aidé par de nombreux francs-maçons de cette ville, de ce département, de cette région, qui trouvèrent là un moyen, exemplaire aussi par sa volonté de formation, d’éducation, par son pari sur l’intelligence, la perfectibilité et l’amélioration des hommes, de conjuguer leurs idées avec une action concrète, visible, palpable, un travail de terrain, d’associer comme ils cherchent toujours à le faire un projet spéculatif et un projet opératif.

Les grands talents d’organisateur de Jean SOULACROIX purent ainsi être démultipliés, et perpétués. Michel MARIEN, à son tour, prit à bras le corps l’organisation annuelle de ces rencontres de jeunes, aidé notamment par Yves HILLAIRAUDJean-Bernard BELAND et tant d’autres, dont je salue le dévouement, l’énergie, la disponibilité, l’efficacité.

Dans un monde qui nous parait à tous souvent plus dur, plus rude qu’avant, dans un monde marqué par la violence, dans un monde où nous avons trop souvent l’impression que l’idée même d’humanité pourrait se dissoudre, il est important de lutter toujours pour qu’il en soit autrement.

Puisse donc cette chaîne d’espoir et de tolérance, commencée au lendemain d’une guerre dans lequel le monde avait failli se perdre, durer, continuer, se perpétuer, pour que l’homme toujours, à travers ses générations successives, trouve une chance nouvelle de grandir, de prospérer, de se rencontrer, de s’apprécier, pour qu’il veuille enfin bâtir ensemble, agir en commun plutôt que de se déchirer, pour qu’il y ait toujours d’autres matins au monde, pour que se lève toujours une aube nouvelle, et pour que se pose toujours cette question du poète Louis ARAGON :Grâce à votre action qui permet chaque année à près de 100 jeunes de se retrouver, à près de 100 jeunes de se connaître et de se découvrir, sans doute permettons nous qu’un peu de clarté éclaire la noirceur de nos temps difficiles, permettons nous que certains mots ne soient pas que des idées vides ou creuses, ainsi la paix, l’amitié, la concorde et la fraternité ; sans doute rendez vous possible ce monde meilleur et plus humain, ce monde d’harmonie, de sagesse et de beauté vers lequel nous aspirons, et que tous nous espérons pour demain.

 

Que serais je sans toi
Qui vins à ma rencontre.