A la recherche des maçons : un voyage historique au coeur des collections du musée Carnavalet

Musée Carnavalet
L’histoire de la franc-maçonnerie se confond avec celle de l’Histoire de France. Quoi de mieux ainsi que de s’en imprégner en allant à la découverte d’autres institutions muséales. Ainsi, le musée Carnavalet propose à ses visiteurs de découvrir l’histoire de la capitale française au travers d’événements historiques majeurs.
Si aucune Å“uvre typiquement maçonnique n’a pu être repérée lors de notre visite, et ce d’autant plus que de nombreuses salles étaient fermées, nous avons pu constater la présence de représentations graphiques ou de statuaires révélant des personnalités ayant laissé leur empreinte au sein de l’ordre humaniste. Citons pour exemple la salle n°46 où se côtoient de grands intellectuels du siècle des Lumières : le buste de d’Alembert et le portrait de Diderot font face à de nombreux objets évoquant la vie de Voltaire. Si l’appartenance maçonnique des deux encyclopédistes n’est pas avérée, ce n’est nullement le cas du troisième philosophe, bien que son engagement fut de courte durée, puisqu’il mourut deux mois après son initiation (Loge des Neuf SÅ“urs). Outre son fauteuil mortuaire, une vitrine entière lui est consacrée, où sont exposés un masque le représentant, des bustes et un lot important d’objets lui ayant appartenu. D’autres personnalités, membres de la Loge des Neuf SÅ“urs, ponctuent le parcours historique du musée Carnavalet : on y croise un portrait de Benjamin Franklin, des assiettes de Nevers et de Moustiers faisant allusion à l’invention de Joseph et Etienne de Montgolfier ou une faïence rendant hommage à l’homme politique que fut Mirabeau, dont une pièce identique est exposée dans une vitrine du musée de la rue Cadet.
Dans une salle annexe, le buste en terre cuite du compositeur François André Philidor (Loge Olympique de la Parfaite Estime), Å“uvre du sculpteur Augustin Pajou (Loge Les cÅ“urs simples de l’Etoile Polaire) trône au cÅ“ur d’un salon typique du XVIIIe s.
Les salles consacrées à la Révolution Française, situées dans l’annexe de l’hôtel Carnavalet, imposent la présence de figures maçonniques marquantes : une gravure représentant l’abbé Sieyès (Loge des Neuf SÅ“urs) côtoie le tableau du « Serment du Jeu de Paume » dont la composition monumentale de Jacques Louis David ne put être terminée (Loge La Modération), le buste du maire de Paris Jean Sylvain Bailly (Loge inconnue) ou l’épée militaire du Général La Fayette (Loge Saint Jean d’Écosse du Contrat Social et Loge Les Amis de la Vérité) ; ailleurs une peinture à l’huile présente le Frère Joseph-Ignace Guillotin (initié à la Loge La Parfaite Union d’Angoulême, membre de la Concorde Fraternelle, des Amis Réunis, des Neufs SÅ“urs, etc.) tandis que les figures de Camille Desmoulins (qui fréquenta la loge Des Maîtres à Amiens) ou de Jean-Paul Marat (initié en Angleterre, il visita la Loge La Bien-Aimée à Amsterdam) s’imposent également dans ces salles. Si un médaillon représentant la princesse de Lamballe (Loge d’adoption La Candeur) trouve sa place dans une vitrine, le visiteur peut aussi apercevoir un délicat tissu d’une robe lui ayant appartenu en soulevant une épaisse étoffe qui occulte une vitrine plate, protégeant ainsi les textiles exposés de la lumière néfaste.
Les faïences révolutionnaires de Nevers sont largement représentées, accentuant l’atmosphère vive animant les esprits d’alors. Soulignant le souhait d’une société égalitaire, des tasses et soucoupes décorées de niveaux –identiques à celles que possède le musée de la franc-maçonnerie– prennent place dans les vitrines de l’hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau. L’illustration allégorique du « Géova des Français », Å“uvre du graveur Provost, insiste sur cette notion d’équité ; apparaissant sur une cruche, elle ne manque pas de rappeler les lithographies conservées tant au siège du Grand Orient de France que dans les collections de la BNF (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6947446h).
Si rien de strictement maçonnique n’est attesté dans le parcours de visite du Musée Carnavalet, à l’exception sans doute de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, des références à des personnalités, également franc-maçonnes pour qui s’intéresse à leur engagement humaniste, ponctuent les découvertes des salles dédiées à l’Histoire de France. Une recherche dans la base de données des collections de Carnavalet ne répertorie que trois pièces en rapport direct avec la Maçonnerie, dont deux affiches pour des présentations de boxe françaises dans une salle du Grand Orient de France. Hormis ce parcours suggéré, ce musée, doyen de la Ville de Paris, créé en 1880, offre un patrimoine important de près de 600 000 Å“uvres. L’hôtel particulier Renaissance, qui fut habité par Mme de Sévigné, a aussi la particularité de reconstituer des intérieurs parisiens des XVIIe au XXe siècles (salons et chambres d’écrivains entres autres), dans le cadre prestigieux du Marais historique. Il s’attache ainsi à lier les personnalités qui ont fait Paris à son Histoire et ses histoires.
Eloïse Auffret – David Le Dû
Pour aller plus loin :
La Déclaration des Droits de l’Homme : http://www.godf.org/museefm/blog/?p=160
La princesse de Lamballe : http://www.godf.org/museefm/blog/?p=739
Le musée >> http://carnavalet.paris.fr/











