Les personnalités du Midi (6) : Marcelin Albert, leader des vignerons en 1907
Dans le cadre de l’exposition estivale « L’Orient est au Sud : la franc-maçonnerie du midi » qui se tient actuellement à l’Espace Riquet à Béziers, retrouvez parallèlement sur le blog du musée, quelques portraits de grandes personnalités francs-maçonnes ayant marqué l’histoire du Midi de la France.
Issu d’une famille d’agriculteurs du village d’Argeliers, dans l’Aude, il va bénéficier (fait rare dans ce milieu à cette époque) de quelques années d’un enseignement secondaire. Il en gardera une grande culture et l’amour des belles lettres et du théâtre.
Il rejoint la propriété familiale à 16 ans, puis s’engage à 19 ans dans l’armée, pendant la guerre de 1870.
Il sera le leader des événements de 1907. Persuadé que la cause de l’effondrement du prix du vin réside entièrement dans la fraude, dès 1900, il tente, par ses prises de parole en public dans les villages proches d’Argeliers, de susciter un mouvement appuyant ses revendications. Il prône, mais sans succès, l’union de tous, propriétaires et ouvriers, pour faire face à la 1ère crise de surproduction.
En 1905, le mouvement d’Albert prend de l’ampleur, car la crise s’aggrave, et la pauvreté rejaillit sur tout le monde.
C’est à l’initiative de Marcelin Albert que vont être mis en place les meetings pacifiques et apolitiques qui vont rassembler des foules de plus en plus nombreuses au printemps 1907. Il en est l’orateur principal.
C’est le 9 juin à Montpellier que l’enthousiasme populaire atteint des sommets à son égard. Il peut à peine parler tant il est ovationné.
Mais paradoxalement, c’est aussi le meeting de Montpellier qui marque le début de sa chute : Marcelin Albert se veut toujours pacifiste, mais il semble dépassé par son succès. Le mouvement va alors être récupéré par la partie « dure », qui lance un ultimatum au gouvernement, provoquant la phase d’affrontements qui va suivre.
Décrété d’arrestation comme les autres leaders du mouvement, Albert se cache, et gagne Paris où il rencontre Clemenceau. Cette entrevue le discrédite, et il perd définitivement toute influence sur le mouvement. Incarcéré à Montpellier, il est mis en quarantaine par ses amis et, lorsqu’il est libéré le 2 août, il manque d’être lynché par la foule. Désormais, le mouvement viticole va se poursuivre sans lui, notamment à travers la Confédération Générale des Vignerons (CGV), dirigée par Ferroul.



