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Observatoire de la Laïcité
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Livret blanc de Laïcité |
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Dans un monde caractérisé par le plus profond
bouleversement de structures économiques, politiques,
sociales et culturelles qu'on ait connu depuis des siècles,
la laïcité apparaît comme la réponse
à cette interrogation fondamentale: que faire pour
remédier à l'inquiétude, à
l'angoisse, à l'indifférence, à l'abandon
de la notion de responsabilité, à la violence
?
Dans une société de plus en plus multiculturelle,
la laïcité peut apprendre aux individus à
coopérer, à trouver les modalités
d'une bonne entente et à harmoniser leurs différences.
Nous avons déjà décrit les dangers
du communautarisme. Nous voyons le nationalisme se développer
à nouveau en Europe en s'alimentant des haines
religieuses et ethniques. La laïcité reste
la seule idée susceptible de ramener les conditions
d'une paix durable, dans les Balkans notamment.
Il reste encore beaucoup à faire, dans l'Union
européenne elle-même, où très
rares sont les pays comportant des dispositifs politiques
et juridiques se rapprochant du système laïque
français ou pouvant évoluer dans ce sens.
Les logiques concordataires restent, en matière
de religion, largement dominantes. Quelques signes cependant
nous incitent à penser que l'évolution est
possible : modification de la loi sur la nationalité
en Allemagne, interrogations de plus en plus nombreuses
dans ce même pays sur la fiscalité religieuse...
En France même, I'idée de laïcité
est loin d'être universellement acceptée.
Elle doit encore être défendue et étendue:
- La séparation des Eglises
et de l'Etat subit encore trop de restriction géographiques
inadmissibles (Alsace-Moselle, Guyane, TOM).
- L'intervention de plus en
plus fréquente de l'appareil judiciaire pour
régler notamment des problèmes liés
à des pratiques communautaires (port du voile
islamique dans les écoles par exemple), est inquiétante.
C'est à la République de définir
les mesures unitaires et de s'y tenir. La vie en société
ne saurait se résoudre à l'établissement
d'une jurisprudence des pratiques et des relations intercommunautaires.
Il y a une dérive communautariste "à
l'américaine " extrêmement grave qui
remet en cause les fondements de notre société
républicaine.
- Les progrès de la science
doivent pouvoir être libérés de
toute influence des groupes de pression, notamment religieux.
L'intérêt général et le respect
de la personne humaine doivent être les seuls
cadres de ce progrès.
- La laïcisation du "
statut des corps " (amour et sexualité,
mort, maladie) n'est pas terminée. La libre disposition
de son corps, les modalités sociales de la vie
des couples et des familles, les garanties fondamentales
des libertés dans ce cadre, les droits et la
dignité des enfants, sont autant de champs d'application
d'une laïcité seule garante de la liberté
des esprits et des corps.
- Dans la composition des comités
d'éthique qui sont créés ici ou
là, il importe de privilégier le choix
des membres en fonction de leur compétence et
non de leurs convictions. Le but de ces comités
n'est-il pas de veiller aux conditions nécessaires
et suffisantes à l'exercice des libertés
et au respect de la dignité humaine, plutôt
que d'essayer de maintenir des équilibres savants
entre des communautés rivales ?
- Enfin, la culture et la création
artistique, mais aussi l'information et la communication
participent largement à la formation des consciences
qui n'est plus réservée à l'école.
Il conviendrait là aussi de veiller constamment,
non seulement à ce qu'aucun tabou religieux ou
dogmatique, mais aussi aucun groupe de pression économique
ou idéologique ne puisse imposer une quelconque
limitation à la liberté, par exemple en
étouffant économiquement la vitalité
des expressions minoritaires. C'est au nom de la laïcité
qu'il faut aussi bien dénoncer l'A.M.I (Accord
Multilatéral d'Investissement) ou ses dérivés
que toutes les formes de pensée unique.
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