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Observatoire de la Laïcité
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Livret blanc de Laïcité |
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Un statut civique et social
Au delà des principes, la laïcité est
une attitude dont les champs d'application recouvrent
tous les aspects de la société.
Le principe de ce statut civique, juridique, institutionnel,
est simple. Il repose sur la distinction claire, pour
chaque citoyen, entre une sphère publique et
une sphère privée.
- La sphère privée,
personnelle, celle de la liberté absolue de conscience,
et où s'expriment les convictions philosophiques,
métaphysiques, les croyances, les pratiques religieuses
éventuellement et les modes de vie communautaires.
- La sphère publique,
citoyenne, celle où le citoyen évolue
socialement, économiquement, politiquement,
juridiquement. Les règles en sont clairement
définies et basées sur les Droits
de l'Homme. Aucun groupe, aucun parti, aucune
secte, aucune église, ne peut prétendre
pénétrer, a fortiori capter à
son profit, le fonctionnement de la société
républicaine ainsi définie. La séparation
des Eglises et de l'Etat est la pierre angulaire
de la laïcisation de la société.
Elle ne saurait souffrir ni exception, ni modulation,
ni aménagement. Sa totalité, son
intégralité sont la condition de
son existence même. Elle est la seule façon
de permettre à chacun de croire ou de ne
pas croire en libérant les églises
elles-mêmes des logiques de liaisons conventionnelles
avec l'Etat. Si les églises veulent exister,
que les fidèles leur en fournissent les
moyens, la religion étant affaire de conviction
personnelle.
Si l'Etat garantit la totale liberté des
cultes comme de l'expression et de la diffusion
de la pensée, il n'en favorise aucun, ni
aucune communauté, pas plus financièrement
que politiquement. Bien plus, il n'appartient
pas à l'Etat de réguler les relations
entre les églises à partir du moment
où il n'en reconnaît aucune. Dans
le cadre général de ses attributions
politiques, il veille à l'exercice des
libertés individuelles de chacun, à
l'ordre public et à l'harmonie sociale
entre les citoyens.
A partir du moment où l'Etat considère
que la religion est définitivement devenue
une affaire privée, qu'elle n'est susceptible
d'attirer son attention que dans la seule mesure
où ses manifestations porteraient atteinte
à l'ordre public, en toute logique, les
églises ne peuvent revendiquer aucun avantage,
aucun privilège, aucun traitement particulier.
Elles peuvent encore moins être dotées
de statuts officiels en dehors du respect de la
loi commune régissant la liberté
d'association. Enfin la loi républicaine
ne saurait par conséquent reconnaître
le délit de blasphème ou de sacrilège
qui déboucherait inévitablement
sur l'institutionnalisation de la censure.
La première manifestation du caractère
laïque d'un pays est l'indépendance
de l'état et de tous les services publics
vis-à-vis des institutions ou influences
religieuses. La laïcisation des statuts individuels,
comme des services considérés indispensables
au fonctionnement de la société,
a été un des aspects essentiels
de l'exercice de la liberté et de l'égalité
des droits:
- naissance, vie et mort considérées
non plus uniquement sous l'angle de la religion
ou de l'appartenance communautaire, mais sous
celui de la liberté individuelle.
- égalité de tous devant les services
publics. L'éventuelle appartenance à
un groupe religieux, ethnique, social..., ne peut
être prise en compte en ce qui concerne
l'accès des usagers. La mention officielle
de cette appartenance doit être considérée
comme discriminatoire. Il apparaît de plus
évident que la notion même de service
public est étroitement liée à
la pratique de la laïcité.
La loi civile est seule habilitée à
organiser les domaines de la vie civique et sociale.
Les représentants de la République,
élus ou fonctionnaires, respectent en contrepartie
dans l'exercice de leur fonction une absolue neutralité
vis-à-vis des pratiques individuelles ou
collectives et observent une stricte obligation
de réserve.
L'école laïque et républicaine
enfin, doit être préservée
de toute pénétration économique,
confessionnelle ou idéologique, même
déguisée sous des dehors dits "
culturels ". L'école n'est pas le
lieu de manifestation, voire d'affrontement des
différences; elle est " un lieu où
sont suspendus, d'un commun accord, les particularismes
et les conditions de fait ". L'école
doit proscrire toute forme de prosélytisme.
Tout ce qui précède ne veut pas
dire que la République nie les appartenances
communautaires. Elles existent de fait et sont
respectables pour autant qu'elles ne remettent
pas en cause les principes de liberté individuelle,
de dignité humaine et d'égalité.
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