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Commémoration de la libération des camps

Date parution : 27/01/2005

La seconde guerre mondiale a représenté pour l'humanité en général et singulièrement pour l'Europe, l'horreur absolue.

C'était hier, que, démocratiquement élu, il allait dans les années suivantes, entraîner toute une nation dans la plus effroyable et impensable destruction humaine.

Mort, l'idéologie sommeille, prête à reprendre sa place sur les rails de la folie.
Notre devoir, le devoir de l'humanité, est de ne pas oublier.

Etre attaché au devoir de mémoire, au devoir de l'histoire c'est aussi et surtout, rappeler aux jeunes le passé avec ses apparences et ses zones d'obscurités afin que les générations futures ne commettent pas les mêmes erreurs.

Le devoir de chacun est de défendre chaque jour la liberté en s'opposant à chaque instant aux atteintes aux droits de l'Homme, car, le devoir de mémoire est un devoir sacré. Le combat pour la liberté est un combat qui n'est jamais achevé parce qu'il doit demeurer inachevable.

Défendre les idées de liberté d'expression, de tolérance, de respect de la personne humaine est toujours et doit rester toujours d'actualité.

Tout oubli doit être réparé.

Tous nous partageons ici des sentiments connus, peut-être par ce que les diverses communautés dont nous nous réclamons ont un vécu similaire dans les mémoires collectives.
C'est pour cela qu'il nous faut alerter ensemble, tant qu'il est encore temps, sur la résurgence possible d'un phénomène sociologique qui va à l'encontre de la dignité des hommes.

La ségrégation, la xénophobie, le racisme ne sont pas l'expression de philosophie humaniste, quelles que soient les explications qui en sont données et les justifications que tentent ceux qui les professent. Ceux là même, au niveau de l'idée ne font qu'ouvrir le chemin, à d'autres qui les font ressentir dans leur chair aux victimes qu'ils désignent.

Nous tous ici présents, avons appris, voir vécu, que ces courants pernicieux étaient porteurs de régimes forts où ne peuvent plus s'exercer les libertés fondamentales dans la plus haute expression de l'organisation sociale que les hommes se soient donnés : la démocratie.

Avec beaucoup de naïveté, les démocrates ont pu croire que la victoire de 1945 avait sonné le glas du fascisme, du nazisme, comme les laïques ont pu penser d'ailleurs que l'école de Jules FERRY ne craignait plus rien. Et, dans les deux cas, les dogmes ont repris force et vigueur.

Aux falsificateurs de l'histoire, aux négationnistes ; messieurs, votre haine est personnelle, dirigée contre une personne, dirigée contre un visage. Écoutez-moi seulement quelques instants, le temps d'égrener quelques misérables références :
STRUTHOF, CHELMNO, BELZEC, SOBIBOR, TREBLINKA, AUSCHWITZ, BIRKENAU, MAÏDANEK, DORA, MAJDANEK, RAVENSBRÜCK, BERGEN-BELSEN, DACHAU, BUCHENWALD, MAUTHAUSEN, et j'en oublie, et j'en oublie...

Camps de déportations, camps de concentrations, camps d'exterminations où les contacts directs entre les esclaves et les maîtres étaient réduits au minimum, où les morts apparaissaient comme faisant partie de la trame même de la vie du camp. Où on ne se rendait pas même compte que les morts étaient des morts car c'était des morts étrangers, des morts anonymes, des objets en chair ayant cessé de vivre. Là, seule la mort d'un proche paraissait une vraie mort.

Falsificateurs de l'histoire, négationnistes, avez-vous entendu parler de ses enfants consignés dans le Stuber (chambrée), des plus petits de 4 à 5 ans, aux plus âgés de 13 à 15 ans, jouant avec des jouets improvisés, avant de partir, la nuit, pendant le sommeil des grands.

Les chambres à gaz, fruit de l'imagination ? Le zyklon B, produit de pure invention de l'esprit ? Non messieurs et vous le savez bien. La vérité est que tout cela a bien existé.

Les revenants de l'enfer des hommes passés de numéro matricule à homme libre a posé à chacun d'eux un redoutable problème d'identité. Ce qu'ils ont vécu au pays de la mort a continué de s'inscrire en surimpression dans la vie de tous les jours.
Apercevoir une cheminée qui fume, alors tout recommence.

Certains ont gardé de la déportation une immense inquiétude des hommes.
D'autres ont préféré à la dureté, une sorte de politesse.

Le chant de l'espoir des bagnards de MAUTHAUSEN écrit en mars 1944 au Kommando de GUSEN-MAUTHAUSEN par Jean Cayrol et Rémi Gillis, illustre cette foi de l'homme en l'homme quelle que soit la situation de l'instant. Ecoutez le chant.

Alors que ce construit l'Europe, sachons distinguer ce qui fait la différence entre nazis et allemands et rappelons-nous qu'en Allemagne il y avait des opposants au régime qui luttèrent contre les idées du national socialisme tout comme les résistants des autres pays.

Se souvenir, ce n'est pas cultiver la haine comme on le ferait envers un ennemi héréditaire. C'est surtout marquer un jalon de l'Histoire et chercher à comprendre pourquoi l'homme est capable d'exactions telles que l'imagination est insuffisante pour les concevoir.

Soixante années sont écoulées. Les rares témoins encore vivants qui avaient été emportés dans la plus grande entreprise de déshumanisation de tous les temps, ont su soutenir leur conviction : dire NON.
Un non cruel et belle leçon d'humanité qui réconforte, qui nous permet de dire : "Dès l'instant qu'un homme, fut-il seul, a su demeurer homme au milieu de ces épreuves, la cause de l'homme n'est pas désespérée."

Maintenant mes Frères nous marchons du même pas que les vivants, mes Frères, nous marchons du même pas que les vivants...

J'ai dit.

 

Le Chant des Bagnards de Mauthausen

Le Chant d'espoir des bagnards de Mauthausen a été écrit an mars 1944 au Kommando de Gusen-Mauthausen par Jean Cayrol et Rémi Gillis :

Car nous marchions ici, mes frères, du même pas que les absents !

Quand nous tiendrons dans notre main, le premier morceau de pain blanc!
Quand je tiendrai dans mes deux mains, ton premier visage d'enfant.
Quand nous verrons sur les chemins, passer la fille et la moisson !

Alors nous marcherons, mes frères, du même pas que les vivants !
Alors nous marcherons, mes frères, du même pas que les vivants !

Quand nous aurons l'amour, le vin, et le tabac dans nos maisons!
Quand nous verrons sur la frontière, fleurir le premier liseron,
Quand nous serons sur la rivière, le premier pêcheur du printemps !

Alors nous marcherons, mes frères, du même pas que les vivants !
Alors nous marcherons, mes frères, du même pas que les vivants !

Quand toute une vie prisonnière, pourra être mise en chanson,
Quand nos vergers pleins de lumière, auront des fruits dans les saisons,
Quand nous mettrons dans nos prières, les maudits noms de nos prisons!

Alors nous marcherons, mes frères, du même pas que les vivants !
Alors nous marcherons, mes frères, du même pas que les vivants !