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Débat sur la fin de vie - Expression du Grand Orient de France

Date parution : 28/01/2013

Le Grand Orient de France a toujours été partie prenante des débats qui ont fondé les libertés humaines dans l’histoire moderne. Conscient et fier de sa tradition spécifique, qui relève à la fois de l’humanisme et de l’universalisme, il s’inscrit dans la réflexion et les propositions concernant le débat et l’institution d’un cadre légal sur la fin de vie, estimant qu’il s’agit d’une question touchant aux libertés humaines fondamentales. La conquête des libertés fut un long chemin. Leur préservation demeure un combat. Cette quête de la liberté pour l’homme passe par l’affirmation du choix pour sa fin de vie. La liberté de l’homme n’appartient qu’à lui : c’est pourquoi il s’agit d’un combat pour l’humanisme.

La notion de choix de la fin de vie ne peut voir le jour que si elle prend naissance dans un cadre reconnu et garanti, dans sa conception comme dans son application, par un cadre légal. Le sens profond de notre liberté se manifeste que lorsqu’elle est inscrite et garantie par la loi commune, celle de la République, applicable à tous sans distinction de condition : c’est pourquoi il s’agit d’un combat pour l’universalisme.

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Une loi dite « loi Leonetti » a été promulguée en 2005. Elle a le mérite d’exister, elle a constitué un progrès. Mais aujourd’hui elle ne suffit plus. C’est le sens de la mission confiée au Pr Sicard par le Président de la République.

Le Grand Orient de France affirme sa présence dans ce débat. Sa Commission nationale de santé publique et de bioéthique a travaillé longuement, entendu de nombreux spécialistes de sensibilités différentes. L’aspect juridique a été étudié. Dans le rapport qu’elle a rendu, cette Commission expose de nombreuses hypothèses, présente les cadres juridiques dans lesquels peut s’inscrire l’acte de mort douce, étymologie grecque pour
« euthanasie », puisque c’est de cela qu’il s’agit. Elle explique les avantages et les inconvénients de la dépénalisation à posteriori ou a priori comme de la légalisation.

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La réflexion du Grand Orient de France a été guidée par la volonté de poser la question de la fin de vie à l’aune de ses principes de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité et aussi de dignité humaine. Pour les francs-maçons du Grand Orient de France, l’euthanasie doit s’inscrire dans le mouvement de progrès et d’émancipation de l’homme face à sa destinée et spécialement à la souffrance, à la déchéance, à l’abandon qui accompagnent souvent la fin de vie. Une modification législative est préférable aux euthanasies clandestines et administratives, révélatrices de l’inégalité des patients devant les soins et insulte à la dignité morale des hommes.

Tout homme en fin de vie doit pouvoir décider de la manière et dans quelle circonstance il souhaite une « mort douce ». Il a donc besoin d’un cadre légal précis. Il s’agit d’un vrai progrès en humanité, même si le recours à ce droit ne concerne qu’une minorité d’êtres humains en souffrance. Ceux qui encadrent et pratiquent ce geste doivent aussi être protégés. Seule une loi précisant clairement les conditions dans lesquelles un tel acte peut être autorisé sera garante du respect de la volonté de la personne et de la sécurité de l’ensemble des acteurs concernés.

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La décision de mettre fin à la vie d’un être humain, soi-même ou autrui, ne peut se résumer à un seul acte médical mais relève aussi d’une dimension spirituelle, philosophique, et morale et de l’appréciation individuelle de chacun.

Le Grand Orient de France attend par conséquent du législateur la définition et l’adoption d’un cadre légal précis dont il définira le calendrier, afin de pouvoir respecter la volonté de ceux qui décideront de mourir dignement. Il se prononce donc pour la légalisation du droit à choisir sa propre mort.

L’approche éthique de la mort n’est pas fonction des progrès des techniques médicales mais de l ‘acte de volonté de la personne humaine. Dès lors, celle qui exige de mourir quand elle s’estime indigne de vivre possède le droit d’être obéie. A la question « Est-ce que ma vie est digne d’être vécue ? », il n’y a que moi qui puisse répondre.

Paris, le 15 décembre 2012