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Le clonage inhumain

Date parution : 08/01/2003

Au-delà des facéties médiatiques et des prévisions sur l'ordre d'arrivée des apprentis sorciers de la génétique, le débat sur le clonage reproductif atteint enfin l'opinion publique sans grands efforts pour lui permettre de décider en conscience de ce que les citoyens souhaitent pour l'humanité. Longtemps, les religions ont rejeté le progrès au nom des index et des tabous propres à tout culte. Les écritures, souvent réécrites, mélangées ou rénovées par d'habiles faussaires, servaient de justification au rejet de ce qui pouvait guérir ou sauver. Malgré le paradis promis, la peur de la mort soutenait les efforts des chercheurs, des médecins et des scientifiques qui refusaient de croire que la Terre était plate, que le Soleil tournait autour de la planète bleue, que les transfusions sanguines étaient oeuvre du démon, et j'en passe.

L'accélération du progrès continue à nous faire peur, et continue à générer des marchands d'épouvantails et des receleurs des terreurs cachées. Pour autant, il est possible de définir une position permettant la liberté absolue de la recherche fondamentale et le strict contrôle de ses applications. En affirmant le droit absolu de ceux qui souffrent, qui meurent ou qui veulent procréer, de cesser de souffrir, de retarder le moment de la disparition, de trouver les moyens de perpétuer son nom. Mais en rappelant que le clonage ne doit être que thérapeutique, que les découvertes doivent être partagées, qu'il ne saurait y avoir d'espace pour une photocopie d'humain sans identité. Notre recherche d'éternité ne peut passer par la négation même de ce qu'est l'humanité, dans sa durée limitée comme dans sa diversité. Certes, on trouvera toujours des Faust, des Mengele ou des faux prophètes pour chercher à rendre vivantes les statues du musée Grévin ou interdire les a-normaux du moment.

Entre eugénisme rénové et amélioration des conditions de vie, la frontière est presque invisible. De combien de génies serons-nous privés en améliorant l'espèce comme du bétail de concours ? Comment ne pas entendre la souffrance de celles et ceux qui s'occupent de polyhandicapés et qui souhaitent autant le soutien de la société que leur guérison ? Tous, nous souhaiterions être normaux selon les références du moment. Qui sera alors différent ? Nous devons enfin fixer les règles qui doivent garantir la liberté de chercher, le droit de trouver, les limites à l'expérimentation, les interdits nécessaires qui fondent le pacte social qui nous permet de vivre ensemble. Au-delà des incantations, des imprécations, des lamentations, le débat citoyen sur la génétique doit enfin s'ouvrir.