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Les Francs Maçons du Grand Orient de France honorent les hommes d'honneur, Discours prononcé à VICHY

Date parution : 24/07/2005

Il arrive parfois dans la vie des peuples des moments où l’histoire paraît hésiter et les destinées basculer. Il est des heures sombres et terribles où tout peut arriver, où les certitudes les mieux établies vacillent, où s’effondre ce que chacun croyait acquis, où disparaissent tous nos habituels repères.

Il y a 65 ans, dans le bel été de 1940, cet été chaud, sec, lumineux, qui eut pu être une promesse d’avenir, notre univers, soudain, s’écroulait, dans le fracas des chars et des bombardiers allemands. L’incroyable alors se produisait : notre armée s’effondrait malgré de beaux exemples de courage et d’abnégation, et notre pays, vaincu, humilié, abruti de douleur et d’incompréhension, pour quatre longues années, connaîtrait le joug de l’occupant nazi.

A ce terrible effondrement, à tous les cauchemars annoncés, à l’obscurité d’une nuit sans tain tombée sur la presque totalité de l’Europe, certains, hélas, allaient ajouter la honte.

Quand certains voulaient continuer le combat, sauver l’honneur, ne pas désespérer, il se trouva un Maréchal de France pour demander un armistice. Déjà, derrière ce premier renoncement, derrière cet abandon de ce qu’avaient toujours été les valeurs de la France et de la République, se profilaient d’autres lâchetés, d’autres ignominies, d’autres trahisons.

Combien d’intellectuels, combien d’hommes politiques, combien de soit disant autorités morales ou religieuses, crurent alors devoir cautionner un tel abaissement ! Combien de rancoeurs accumulées, d’ambitions insatisfaites, d’aigreurs rentrées crurent alors leur heure arrivée ! Combien voulurent assassiner la République qu’ils n’avaient finalement jamais acceptée.

Bientôt viendraient le temps de la collaboration, le temps des dénonciations, le temps des déportations. Bientôt viendraient le temps des assassins de l’espoir, le temps des criminels contre l’humanité. Les lois iniques contre les juifs, contre les Francs-Maçons, contre tout ceux qui étaient différents ajouteraient encore à notre indignité.

Point n’est besoin de rappeler ici la longue litanie des actes contraires à l’essence même de notre pays, à ce qui fit son destin, à ce que proclame sa devise. Point n’est besoin de rappeler qu’elle précédait la longue agonie de ceux qui seraient arrêtés, déportés, assassinés. Point n’est besoin de dire ici ce qu’il fallut alors de courage à ceux qui osèrent s’opposer, à ceux qui dirent non, ce mot non, fermement opposé à la force et qui possède la puissance mystérieuse qui vient du fond des siècles, ce mot non qui n’appartient qu’à l’homme libre et qui fait de lui un vainqueur, car l’esclave, lui, dit toujours oui.

Il fallait hélas qu’à tout ceci fut associé le nom de Vichy. Vichy, capitale de l’Etat Français, capitale de la collaboration, capitale du déshonneur. Vichy où furent votés les pleins pouvoirs au Maréchal PETAIN par ceux là même qui auraient dû être les premiers à protéger la République.

Quelques uns, 80 parlementaires, osèrent cependant braver les intimidations et les menaces. Ils refusèrent cette trahison. Ils furent cependant bien seuls, en face des 18 qui s’abstinrent, et plus hideux encore, des 569 qui abdiquèrent.

Ici, dans cette ville, dans ce lieu, ils firent sans doute que la République pût, le moment venu, se retrouver, grâce à ceux qui se sacrifièrent pour elle, n’acceptant jamais d’être des esclaves parce qu’ils avaient été parfois des héros.

C’est à eux tous que nous pensons, c’est eux que nous honorons, c’est la République toujours que nous défendons, à travers le geste symbolique que nous accomplissons ici.

Les Francs-Maçons, qui furent aussi au nombre des persécutés, se souviennent ici, de ces hommes qui nous permirent encore de vivre cet espoir né en 1789 : la Liberté, l’Egalité et la Fraternité.