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Lettre à Jacques CHIRAC, Président de la République

Date parution : 27/10/2004

Monsieur le Président de la République,

Je tiens à vous exprimer respectueusement l’indignation de tous les Francs-Maçons du Grand Orient de France devant l’érection provisoire d’une croix de dix-sept mètres de haut sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame dans le cadre de l’opération "Paris Toussaint 2004" organisée par l’Archevêché de Paris.

Nous respectons certes, au nom même de la liberté de conscience que nous défendons, le désir des fidèles catholiques de célébrer la Toussaint selon les formes cérémonielles organisées par leur Eglise, même si nous nous montrons dubitatifs face au tapage médiatique dont elles font l’objet avec pour objectif, de l’aveu même de Mgr Lustiger, de "ré-évangiliser" la capitale.

Mais nous n’acceptons pas un viol caractérisé de la loi dite de séparation du 9 décembre 1905 qui dispose explicitement dans son article 28 l’interdiction formelle "d'apposer des signes ou emblèmes religieux sur les monuments et emplacements publics, à l'exception des édifices des cultes, des monuments funéraires, des musées et des expositions". Or le parvis de la cathédrale Notre-Dame n’est pas, à ma connaissance, un lieu de culte, mais un lieu public où déambulent les Parisiens.

De surcroît, cette gigantesque croix constitue une véritable provocation symbolique de la part des autorités ecclésiastiques en période de célébration du centenaire de la loi du 9 décembre 1905. L’archévêché aurait très bien pu, à titre provisoire, ériger une grande croix à l’intérieur de la cathédrale qui est un des plus vastes édifices religieux dans notre pays.

Nous ne comprenons pas pourquoi les autorités civiles ont donné leur autorisation à ce projet et nous vous prions respectueusement d’intervenir afin que cesse ce trouble à l’ordre public.

Les Francs-Maçons du Grand Orient de France sont choqués par le fait que l’Eglise puisse, en toute impunité, violer les lois de la République et faire abstraction du respect le plus élémentaire du principe de laïcité qu’elle invoque pourtant quand cela l’arrange.

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'assurance de ma très haute considération et mes respects républicains.

Bernard BRANDMEYER,
Grand Maître du Grand Orient de France

Lettres également adressées à:
- Bertrand DELANOE, Maire de Paris
- Bertrand LANDRIEU, Préfet de Paris
- Jean Paul PROUST, Préfet de Police de Paris