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Ni Saddam ni guerre : L'Equation impossible ?

Date parution : 11/03/2003

Depuis le début du conflit avec l'Irak, qui a commencé avec la guerre du Golfe il y a douze ans et ne s'est jamais vraiment interrompu (des opérations aériennes quotidiennes mobilisant depuis des semaines les aviations anglaises et américaines) les faux-semblants et l'hypocrisie ont remplacé le débat.

Les objectifs officiels avancés par les tenants de l'opération militaire se sont appuyés dans un premier temps sur une supposée relation structurelle entre le régime irakien et Al Qaida. Nul n'y croit, particulièrement pas les services de lutte contre le terrorisme ou les agences de renseignement. Traditionnellement les "experts" tentent désespérément de convaincre les gouvernements que des activités criminelles ou terroristes existent sans y parvenir le plus souvent. Pour la première fois, un gouvernement tente de convaincre les "experts" que des activités qui n'existent pas se déroulent...

Certes, l'Irak a tenté de se doter d'armes de destruction massive et le tentera probablement encore. Comme le Pakistan ou la Corée du Nord. Il s'en est d'ailleurs servi contre ses populations Kurdes. Le procès n'est pas à faire et il n'y a plus personne à tenter de convaincre.

Le désarmement réel de l'Irak est un enjeu majeur, notamment pour ceux qui ont contribué à l'armer et ont fermé les yeux si longtemps. L'ennemi alors était son voisin, l’Iran et la plupart des pays occidentaux ont contribué à diffuser des armes, notamment chimiques, au bénéfice de l’Irak.

Sur l'essentiel, le débat est pétrolier et les raisons pour lesquelles Saddam Hussein, boucher de son propre peuple et dictateur sanglant, est resté au pouvoir entre 1990 et nos jours n'ont pas changé. Les risques de déstabilisation des pays limitrophes, la question Kurde, les effets secondaires sur la Jordanie, l'Egypte, le Pakistan, toute l'Asie du Sud Est, nos banlieues sont toujours présents.

En fait, cette guerre ne semble pas être l'expression d'une politique étrangère de la première puissance mondiale, mais l'exportation de sa politique intérieure pour des motifs liés aux échéances électorales à venir.

On pourrait simplement imaginer qu'il s'agit d'une guerre de "substitution" permettant de faire comprendre à l'ami historique Saoudien que "l'alliance des croyants" qui réunissait, au nom du "Bien" les intégristes baptistes et les fondamentalistes musulmans, avait trouvé son terme.

Face aux bellicistes, qui affirment un programme qu'on pourrait qualifier de "dominos à l'envers", qui laverait l'échec vietnamien en entamant un programme de reconquête (après l'Afghanistan, l'Irak ; après l'Irak, l'Iran ; après l'Iran, l'Arabie saoudite, ...) la réponse pacifiste fait l'impasse sur les responsabilités de Saddam Hussein dans l'extermination d'une partie de son propre peuple qui vit dans la terreur d'une police politique purement stalinienne.

Voilà tout l'enjeu du débat qui n'a pas lieu : Comment se débarrasser de Saddam Hussein sans générer des effets secondaires dévastateurs qui, loin de faire réfléchir les "faucons" américains semblent leur garantir, dans une Amérique toujours traumatisée par le 11 Septembre, les faveurs d'une opinion qui veut laver l'affront et balayer les incertitudes ?

Les prétextes ne manquent pas pour faire la guerre. Les comparaisons historiques non plus. Munich clament les uns, Kosovo rappellent d'autres. Les arguments méritent qu'on s'y arrêtent et le doute peut s'exprimer. Mais, une fois balayés les slogans et les anathèmes, il nous reste à nous interroger sur la solution à cette équation impossible : Comment éliminer Saddam sans faire la guerre ? Comment libérer les Irakiens, régler la question Kurde, faire avancer la paix en Israël comme en Palestine ?

Tout semble inextricablement lié, ce qui permet à tous les simplismes de s'exprimer, aux caricatures de se diffuser.

Voilà pourquoi nous pensons que cette guerre est inutile et dangereuse, mais que la pression internationale est nécessaire, non seulement pour désarmer l'Irak, mais surtout pour libérer le peuple Irakien de la dictature.

Les moyens existent pour réussir ce pari limité, il faudrait pour cela, comme ce fut le cas lors de la négociation qui a permis d’adopter la résolution 1441, définir le programme véritable de libération de l’Irak, non de son occupation. Et que l’initiative prise alors par le Conseil de Sécurité fixant l’objectif de la démocratie en Irak permettrait d’entrer dans un processus touchant d’autres pays, tout aussi belliqueux, tout aussi dangereux, tout aussi menaçants pour les droits de l’Homme et la Paix.

Cette guerre est inutile car il reste possible de désarmer l'Irak par une pression internationale véritable.
Cette guerre est inutile car il est possible de chasser Saddam Hussein par d'autres moyens.
Cette guerre est dangereuse car elle va créer une myriade d'autres conflits partout dans le monde.

Voici pourquoi le Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France, réuni en session extraordinaire soutient les initiatives Françaises, Allemandes et Russes, les parlementaires britanniques, les opinions publiques de tous les pays y compris les Etats Unis, qui considèrent que l’aventure militaire ne règlera rien et qu’il est nécessaire d’y opposer une autre logique.